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Anne-Lise, Laurence, Serge : François Vallejo – L’incendie du Chiado (éd. Viviane Hamy) Le 25 août 1988 François Vallejo est à Lisbonne lorsque se déclenche l’incendie du Chiado, quartier historique de la capitale portugaise. Vingt ans plus tard, son nouveau roman évoque un huis clos sur les lieux du désastre, totalement évacués et bouclés par les autorités. Malgré l’interdiction, ils se cachent comme des fugitifs et pénètrent au cœur du quartier en flammes, motivés chacun par une raison profonde et inconsciente. Dans cette atmosphère de fin du monde, ces survivants sont vite rattrapés par la peur, la faim et la soif. Commence alors un vrai jeu de dupes. Qui ment ? qui manipule ? Quelles sont les réelles motivations des uns et des autres ? Peu à peu, ils abandonnent humanité et solidarité au profit d’une certaine sauvagerie. Parce qu’il a vécu l’événement sur place, parce qu’il sait relater les émotions et les sentiments les plus vifs, François Vallejo décrit avec virtuosité l’incendie qui fait rage et la tension qui monte crescendo entre ses personnages. L’incendie du Chiado est un roman d’atmosphère servi par une écriture forte, remarquable et d’une grande puissance d’évocation. Anne-Lise, Laurence, Françoise D. : Benoît Duteurtre – Les pieds dans l’eau (éd. Gallimard) Les pieds dans l’eau est une chronique familiale et sociale savoureuse et légère. Portrait de famille : celle de l’illustre René Coty, arrière grand-père de l’écrivain ; description des us et coutumes d’Etretat (lieu de villégiature de la famille Coty) et évocation de la jeunesse du narrateur. Ce roman marque le temps qui passe et la nostalgie de ce qui ne sera plus jamais. Nous aimons beaucoup le roman de Benoît Duteurtre, un des coups de cœur de la rentrée littéraire à la librairie. Anne-Lise :
Régis Jauffret – Lacrimosa (éd. Gallimard) Charlotte s’est suicidée. Le narrateur, écrivain amoureux et trahi, décide alors d’entretenir une correspondance avec elle. Il raconte et témoigne de leur histoire (d’amour ?) tandis qu’elle s’agace du procédé, le malmène, lui balance ses quatre vérités et lui rappelle sans cesse qu’elle est morte ; définitivement morte… C’est très beau. Grand coup de chapeau à l’écrivain ! Jean-Marie Blas de Roblès – Là où les tigres sont chez eux (éd. Zulma) Attention talent pour ce livre labyrinthe où il est question du Brésil d’aujourd’hui, de la fille du narrateur, jeune femme totalement paumée, d’Elaine, ex-épouse du narrateur en quête d’on ne sait quelle découverte, et d’Athanase Kircher, célèbre jésuite du XVIIe siècle qui agace passablement notre narrateur en même temps qu’il le fascine. Respirez profondément et plongez dans ce roman fleuve. Morten Ramsland – Tête de chien (éd. Gallimard) Saga familiale danoise, Tête de chien est un roman drôle et totalement loufoque. Asger retrace entre autres l’histoire d’Askild son grand-père, amateur de schnaps, traficoteur et dessinateur de bateaux, et de « feuille de choux » (le père d’Asger) pauvre petit gars en bute à la moquerie permanente de ces camarades. Heureusement, dans cette famille foutraque, les femmes tiennent presque toujours le cap. Sylvie Germain – L’inaperçu (éd. Albin Michel) Dans chacun de ses romans, Sylvie Germain nous rappelle à quel point l’homme, envers et contre tout (le deuil, l’absence, la solitude, le désespoir), l’homme donc est capable de modifier le cours de son destin pour trouver le bonheur ou tout simplement la sérénité. Gersande : Martin Page - Peut-être une histoire d’amour (Editions de l’Olivier) Virgile a l’habitude d’être délaissé par les femmes qu’il aime. Mais cette fois, il s’apprête à vivre une expérience autrement plus déconcertante : de retour chez lui après une journée de bureau, il trouve sur son répondeur un message de Clara lui annonçant qu’elle le quitte. Or, il n’a aucun souvenir de cette dénommée Clara. Il cherche en vain une explication satisfaisante et finit par prendre une décision inattendue : reconquérir cette femme qu’il ne connaît pas. Voilà un livre aux multiples rebondissements, avec un personnage principal tout à fait atypique, loufoque et drôle, et en même temps très attachant. Gilles de La Porte : Mathieu Belezi : C’était notre terre (éd. Albin Michel) Dans une histoire déréglée (la période coloniale), des personnages déréglés. Mathieu Belezi restitue au moyen d’une écriture ample, animée par un véritable souffle, une époque dont les acteurs seront broyés. Attachement et souffrance s’entremêlent sans pouvoir se dénouer. Un roman sombre mais fort, très fort. Françoise de La Porte : Michel Le Bris : La Beauté du monde (éd.Grasset) Osa et Martin Johnson furent des célébrités dans les années 20. Ils partirent à l’aventure et inventèrent le cinéma animalier. Ce roman-fleuve se passe pour moitié dans le New-York trépidant des « roaring twenties » où l’on croise sur fond de jazz et de prohibition les membres du prestigieux Club des explorateurs. L’autre partie se passe au Kenya où l’on retrouve, entre autres, le Denys Finch Hatton d’Out Of Africa pour les premières expéditions de safari-photo. Romanesque et tellement dépaysant ! Laurence : Nick McDonell - Guerre à Harvard (éd. Flammarion) « Personne de Harvard n’est mort en Irak ». Lisez ce court récit cynique… C’est froid, efficace et percutant. Olivier : Marcello Fois – Mémoire du vide (éd. Seuil) On l’appelait le tigre de l’Ogliastra : Samuele Stocchino fut le plus redoutable bandit sarde du siècle dernier. A seize ans, ce fils de paysans s’engage dans l’armée et part lutter d’abord contre les Turcs en Libye, puis contre les Autrichiens pendant la Grande Guerre. Il revient en héros, il est mainte fois décoré. Mais lui qui a le cœur en forme de loup, anguleux comme ceux des assassins, a appris à tuer. Il se rend coupable de dizaines de crimes, comme autant de vengeances après la mort de son frère. Seul l’amour de Mariangela semble l’adoucir un peu. Autour de ce personnage à la fois historique et légendaire, Marcello Fois construit un récit ample et limpide, animé par un formidable sens épique et dans lequel la voix populaire côtoie sans cesse le registre de la tragédie grecque. Howard McCord – L’homme qui marchait sur la lune (éd. Gallmeister) – réédition Qui est William Gasper, cet homme qui depuis cinq ans arpente inlassablement la Lune, une « montagne de nulle part » en plein cœur du Nevada ? De ce marcheur solitaire, personne ne sait rien. Est-il un ascète, un promeneur mystique, un fugitif ? Alors que son passé s’éclaire peu à peu (ancien tueur professionnel pour le compte de l’armée américaine), un homme le suit sur la Lune. Et s’engage un jeu du chat et de la souris entre Gasper et son poursuivant. La 4e de couverture annonce une tension narrative extrême jusqu’à la fin inattendue, et un roman inclassable : retenons ces qualificatifs tout à fait vrais, pour conseiller ce livre culte, ce roman réédité hors du commun. Serge : Jean-Louis Fournier – Où on va, papa ? (éd. Stock) Dans ce livre, Jean-Louis Fournier raconte sa vie avec ses deux fils lourdement handicapés. C’est un récit parfois choquant, plein d’humour et… d’amour. David Lodge – La vie en sourdine (éd. Payot & Rivages) Avec l’histoire de Desmond, universitaire à la retraite souffrant d’une ouïe défaillante, David Lodge nous offre un roman étonnant. Il réussit dans ce livre à alterner des moments comiques et d’autres plus douloureux à travers lesquels il dresse un portrait sans concession de la vieillesse. Du très bon Lodge ! Tristan Garcia – La meilleure part des hommes (éd. Gallimard) Ce livre nous plonge brillamment dans les années 80 aux débuts du Sida. La narratrice, journaliste à Libé, nous raconte sans prendre parti la vie de trois hommes, leurs amours, leurs haines, leurs idéaux et leurs déchirements. Ce premier roman est passionnant ! Jean-Paul Dubois – Les accommodements raisonnables (Editions de l’Olivier) Encore un très bon roman de Jean-Paul Dubois ! Il nous raconte ici l’histoire de Paul Stern, scénariste quinquagénaire parti aux Etats- Unis travailler sur un scénario, en abandonnant sa vie française plutôt déprimante. On retrouve la vision du monde ironique et désenchantée de Dubois avec en plus un portrait féroce et très amusant d’Hollywood. Bernard Jannin – Une vraie boucherie (éd. Champ Vallon) Un roman incontournable pour les amateurs de CHARCUTERIE et d’HUMOUR NOIR ! Mais aussi : Laurence, Serge : Ian McEwan : Sur la plage de Chesil (éd. Gallimard) Laurence : Hélène Lenoir : La folie Silaz (Les Editions de Minuit) Sasa Stanisic : Le soldat et le gramophone (éd. Stock) Julia Leigh : Ailleurs (Christian Bourgois Editeur) Véronique : |
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