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Nos vies

Nos vies

Marie-Hélène Lafon

Buchet-Chastel

  • par (Libraire)
    9 février 2018

    Emouvant !

    La narratrice, Jeanne Santaire va faire ses courses au Franprix tous les vendredi matin. Elle choisit toujours la même caisse, celle de Gordana. Elle lui invente une vie ainsi qu'à l'homme qu'elle croise à la même caisse. Ses souvenirs à elle aussi remontent à la surface. Marie-Hélène Lafon raconte dans ce roman les solitudes urbaines avec sensibilité.


  • 25 novembre 2017

    vie moderne

    Elle le dit, la narratrice du roman, elle aime imaginer des vies en voyant une silhouette. Et en ce moment, une silhouette particulière apparaît dans sa vie, celle de Gordana, une caissière du Franprix de la rue du Rendez-vous.
    Elle imagine une enfance dans un pays de l’Est, un enfant peut-être, qu’elle a dû laisser là-bas à ses parents, envoyant de l’argent tous les mois.
    Et puis il y a aussi cet homme qui passe tous les vendredis à la même heure à la caisse de Gordana, et dont la narratrice découvre peu à peu la vie.
    Mais Jeanne Santoire, notre narratrice, ne s’oublie pas dans son récit et nous découvre des pans de sa propre vie.

    Jusqu’au jour où l’homme et Jeanne découvre la claudication de Gordana, comme une honte, une tâche.

    Et puis le drame dans la vie de Jeanne, l’abandon de Karim l’amoureux, parti refaire sa vie dans une autre ville avec une autre femme.

    Un texte aride, plein d’accumulation d’adjectifs montrant l’impuissance à saisir la vie et la personnalité des êtres qui nous entourent.

    Oui, ce texte riche dit les solitudes urbaines, mais aussi le mystère des vies, leurs multitudes en une seule personne, leurs contradictions mystérieuses. Un jour, ils disparaissent de notre paysage.

    L’image que je retiendrai :

    Celle de la poitrine opulente et blanche de Gordana qui fascine la narratrice.

    http://alexmotamots.fr/nos-vies-marie-helene-lafon/


  • 8 novembre 2017

    Dans l'anonymat des grandes villes, Jeanne Santoire, retraitée, observe la solitude des inconnus qu'elle croise tous les jours et en imagine leur vie : Gordana, la jeune caissière venue d'un pays de l'est, un jeune homme brun et mutique qui ne vient au super marché que le vendredi. Des existences tricotées au fil de son imagination qui font écho avec sa propre vie.
    Un style âpre et sensible, une réussite littéraire !


  • 4 septembre 2017

    Découverte Française

    " Ni bruit ni fureur dans les courts romans de Marie-Hélène Lafont.
    Pas de mots inutiles non plus, juste un regard acéré , une mémoire infaillible et un don pour restituer simplement les gens et les choses. "


  • par (Libraire)
    23 août 2017

    Ici l'esbroufe n'est pas de mise et pourtant ce livre se lit d'une traite. Marie-Hélène Lafon a le don pour dépeindre de façon très sensible la vie, le quotidien et les solitudes des "petites gens". Un joli roman un peu mélancolique.


  • par (Libraire)
    1 août 2017

    Solitudes urbaines

    Gordana est caissière dans un supermarché parisien, immuable, vissée sur son tabouret, laborieuse, taiseuse, invisible et pourtant si présente et si humaine. La narratrice l'observe minutieusement, attentivement, deux fois par semaine sans déroger au principe d'attente, au rituel des courses, à la fréquentation de la même caisse. Précisément parce qu'il y a Gordana et qu'elle peut lui inventer, lui imputer des vies multiples, une famille éloignée, des amours délaissées, des rêves abandonnés, casés dans un coin comme oubliés. Elle se nourrit de sa solitude, de sa vie imaginée, se plaît à évoquer sa solitude propre, autre, singulière, à convoquer les siens, ses proches dans un temps et dans un lieu autre, moins anonyme, peut-être plus rural où les liens sociaux et familiaux étaient moins étirés, moins distendus. Le ton emprunté n'est pas nostalgique, plutôt sociologique, fait d'une analyse scrupuleuse et bienveillante. Elle observe, scrute, invente ce qui n'est pas perceptible à l'œil nu mais plausible. Comme une voyeuse habituée à observer, à regarder par en dessous pour voir ce qui s'y déroule, elle accède aussi à sa propre nudité, se laisse aller à ses souvenirs, à son amour inoubliable et perdu. Elle tisse ce réseau de vies intimes entrelacées, ces solitudes noyées de chagrin, ces solitudes profondément humaines presque normales si l'on n'y prête pas attention. Et Marie-Hélène Lafon a ce talent exceptionnel et singulier de prêter plume, style et attention aux petites gens, aux petits riens qui nous fondent, au labeur intransigeant autant que la vie l'est, rugueuse et intransigeante. Gordana est l'une d'elles, invisible et mystérieuse portant pourtant tout son poids de vie, de secrets, de joies et de désappointements. Elle est comme était "Joseph" (2014, éditions Buchet-Chastel), ouvrier agricole, habité par son labeur, sa force de travail louée et ses démons intérieurs. Discrète comme lui, rigoureuse et méthodique à l'instar de celle qui l'observe, laconique, refusant presque de créer tout lien affectif et émotionnel avec ses clients habitués et habituels, elle suscite pourtant la curiosité, l'empathie, le désir d'en savoir davantage, de confronter l'imagination à la réalité perçue. Le récit - les récits devrions-nous dire- sont précieux et la langue précise. Ces solitudes urbaines ou rurales sont magnifiées par la prose de Marie-Hélène Lafon. Lire ses romans participe d'un enchantement assez rare, cela autorise la rencontre et le partage au sens très large des termes, avant tout littéraires.