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Fief

David Lopez

Seuil

  • par (Libraire)
    21 juin 2018

    Prix du livre Inter 2018

    Une écriture brut, des vies qui vont à vau-l'eau, une petite ville entre banlieue et province ... David Lopez décrit le quotidien d'une bande de jeunes qui tentent de tromper l'ennui par n'importe quel moyen, quitte à tanguer sur le fil du rasoir. Ça passe ou quoi ?


  • par (Libraire)
    13 juin 2018

    Un roman très fort !

    Trop « campagnards » pour les uns, trop « banlieusards » pour les autres, difficile pour Jonas et ses potes de trouver leur place. Alors ils passent le temps… Certains ont un talent mais ils n’en feront rien : on ne va pas au bout des choses mais surtout, on ne laisse pas tomber les autres. Ecrit au cordeau, poignant mais aussi teinté d’humour, Fief dresse le portrait de cette jeunesse vivant dans un « entre-deux » pour qui avenir et projets sont impensables. Un roman très fort !


  • 23 mars 2018

    Ce premier roman est étonnant de fraîcheur! C’est jeune, inventif, attendrissant !
    Comme le dit David Lopez ce qui compte ce n’est pas la destination mais le voyage. Ici c’est pareil, ce n’est pas l’histoire mais la façon de raconter qui séduit.
    L’auteur nous embarque avec une bande de jeunes pas favorisés ou le seul horizon c’est la fumette, un peu de sport et la boxe, pour son personnage principal. On rêve sur les filles aussi, espérant un jour être à la hauteur. Ils sont désœuvrés et se sous estiment, assez conscients qu’il existe bien un déterminisme social: pour eux les gens biens ce sont les autres!
    On flirte avec l’anthropologie ! Pour moi le grand intérêt de ce livre réside dans le travail sur la langue : l’auteur a trouvé la formule du langage de jeune appliqué à la littérature. C’est subtile, très percutant et inattendu, ça sonne musical, presque poétique, et donc beau.


  • par (Libraire)
    31 octobre 2017

    Superbe écriture !

    Jonas est un jeune homme qui se cherche, entre adolescence et passage à l’âge adulte. Son temps, il le passe à traîner avec ses amis d’enfance, à jouer aux cartes et à fumer des joints, dans cet entre-deux que représente sa petite ville de banlieue. Des jeunes attachants qui prennent la vie avec nonchalance.
    Ce livre nous fait partager des instants de cette vie banale où on ne voit pas plus loin que le lendemain.
    C’est à travers des passages forts comme la dictée improvisée autour d’un extrait du Voyage au bout de la nuit, ou la superbe description d’un entraînement de boxe que l’on découvre la vrai puissance de ce livre, car son enjeu est avant tout son écriture, pleine de répartie et de dérision. Il s’en dégage une poésie crue et spontanée qui nous laisse un sentiment doux amer de nostalgie de l’enfance.


  • par (Libraire)
    28 octobre 2017

    Le livre de David Lopez se lit comme la chronique journalière de ceux dont les journaux nous parlent souvent, exclusivement sous l'angle du fait divers ou de l'analyse sociologique. Je veux parler des gars des cités, ceux qui tiennent longtemps après l'adolescence les murs des banlieues.
    David Lopez donne à lire leur quotidien, une immersion sans faux-semblants qui n'est pas très différente de l'idée qu'on s'en fait de loin... A la grande nuance près qu'une voix le porte ici de façon inédite et sensible.
    C'est aussi incontestablement un regard d'homme sur la vie d'hommes :la boxe, la fumette, le foot, les potes, les petits arrangements entre dealers et consommateurs... mais surtout un ennui si vaste qu'il conditionne tout le reste. Une vie sur le fil, au bord du précipice, rendu de façon extrêmement réaliste, et parfois poétique tant la langue de l'auteur est précise et trouve dans ce texte un souffle qui manque au quotidien vécu de ces garçons errants, ne sachant pas comment trouver leur place.
    Une véritable écriture de roman noir et social mais aussi intime.


  • par (Libraire)
    26 septembre 2017

    Ovni

    "L’ennui, c’est de la gestion. Ça se construit. Ça se stimule. Il faut un certain sens de la mesure. On a trouvé la parade, on s’amuse à se faire chier. On désamorce. Ça nous arrive d’être frustrés, mais l’essentiel pour nous c’est de rester à notre place. Parce que de là où on est on ne risque pas de tomber. ».
    Ce qui fait toute la puissance phénoménale de ce roman est ici exprimé : faire surgir l'essence même de ce qu'est l'ennui, l'inaction, l'absence d'avenir, uniquement au travers du langage. Ici, pas d'histoires, pas de romanesque encore moins de sociologie, juste l'émergence passive d'une existence sans issue, un naufrage que les mots seuls peuvent effleurer. C'est le mot, la phrase , la langue toute entière qui fait sens et donne vie à ce groupe de gamins solitaires , sans cap, mais ensemble.
    De ce néant qui prend corps au travers du langage surgit une humanité indescriptible d'une tendresse lancinante.
    En plus c'est souvent tellement drôle, absurde et criant de vérité à la fois.
    Un roman d'une audace folle; chapeau!


  • par (Libraire)
    22 septembre 2017

    Jonas est un boxeur plutôt talentueux. "Plutôt" car il ne sera pas un champion. Il gâche son talent en fumant des clopes ou des joints de cannabis, en traînant avec ses copains. Il est très clair que Jonas et sa bande ne vivent pas dans le centre-ville, mais dans une banlieue, sa langue ne laisse aucun doute là-dessus.
    Le personnage est curieux, Il ne semble pas très futé alors qu'il est dynamique, ouvert, sensible. Il est dans une bande de potes qui s'ennuient, boivent pas mal, se battent beaucoup, n'évoluent pas, trompent l'ennui dans de nombreuses parties de cartes. Il suit son père sans chercher à s'émanciper, à s'éloigner. Son langage est celui d'un jeune de cité. Pourtant, il entretient une relation avec une fille qui n'est pas de son milieu, qui vit dans une belle maison, qui fréquente des jeunes bien propres sur eux. Pourtant, il est très copain avec Lahuiss qui explique pourquoi le Candide de Voltaire affirme "qu'il faut cultiver son jardin". Pourtant, on sent qu'il a un autre niveau que son copain Ixe qui, dans la bande, tient le record de fautes d'orthographe dans une courte dictée que Lahuiss a extrait de Céline. Quand il s'entraîne à boxer, ou lors d'un combat, il dissèque ce qui se passe avec une précision chirurgicale. Et quand il s'échappe de la ville avec Sucré pour aller faire un feu dans la forêt, au sommet d'une colline, on le sent vibrer à la beauté sauvage de la nature.

    David Lopez utilise le langage des jeunes de banlieue. Ça donne un texte fleuri : "Putain ! crie Poto, et il ajoute que sa mère la pute le jeu vas-y avec deux tours de plus j’te faisais un coup de malade", "Je lui dis et toi mon négro. Il dit qu’il faut qu’on s’capture pour parler du daron. J’lui dis ouais, comme d’hab, et on rigole", "Mais gros la tête que tu lui as mis". Quand Jonas décrit son entraînement, son combat contre Kerbachi, les scènes de sexe avec Wanda, son texte est rigoureusement construit et précis. Son Jonas sait qu'il pourrait faire quelque chose de bien de sa vie, mais il "refuse de faire ce pour quoi il est fait", "C’est l’espoir qui me rend servile". . Il
    David Lopez aime le rap et la boxe. Il habite Nemours où il situe son roman. Ce qu'il raconte est vrai, et est faux puisque c'est un roman et non pas un essai sociologique

    Il faut se laisser happer par ce roman, par le superbe langage que David Lopez crée, par le tragique de la vie de Jonas et de ses copains.