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Confiteor

Jaume Cabré

Actes Sud

  • par (Libraire)
    24 mai 2020

    Dans les dernières décennies, plusieurs auteurs de roman se sont essayés à briser le fil d’un récit linéaire. Le procédé le plus connu et sans doute le plus usité, popularisé par le cinéma (…) a sans conteste été le flashback : l’auteur nous donne à lire ou à voir l’évènement, cœur de son récit, puis nous fait remonter en arrière pour en pister le sens à travers ses multiples causes, laissant au lecteur la tâche d’en reconstituer peu à peu la chaîne… D’autres auteurs, moins nombreux, s’y sont essayé différemment, selon la technique cinématographique de la caméra multiple. Le même évènement est alors raconté successivement par ses différents protagonistes, transformant le livre en une sorte de kaléidoscope, procédé fascinant pour le lecteur, qui voit sa compréhension de l’évènement changer de chapitre en chapitre.

    Dans ces tentatives de déconstruction historique du fil du récit, Jaume Cabré, romancier plus connu au-delà des Pyrénées par ses romans et un prix d’honneur des Lettres catalanes, va encore plus loin. Ses déambulations dans l’histoire couvrent une dizaine de siècles, de l’Inquisition au nazisme. Avec Confitéor, « il défie les lois de la narration pour ordonner un chaos magistral ». Le lecteur comprend peu à peu qu’il s’agit pour Adrià, de raconter sa triste histoire personnelle, celle d’un enfant sans amour, à Sara, celle qui a soudainement disparu un jour et qu’il continue désespérément d’aimer… Quoi de plus chronologique, habituellement, que ce genre de récit. Mais Adrià (ou plutôt Cabré), le fait exploser : un souvenir en appelle un autre, une époque en appelle une autre, un personnage justifie un saut dans l’époque de ses ancêtres, sans que rien ni dans la forme du récit, ni bien sûr dans la typographie, en avertisse le lecteur. Le sommet de ce désordre magistralement organisé culmine dans la superposition (ou l’enchevêtrement, comme on voudra), de deux débats pourtant à plusieurs siècles de distance, l’un entre le grand inquisiteur et son assistant, l’autre entre un officier SS et son médecin…une manière écrasante pour le lecteur, de signifier qu’inquisition ou nazisme, il s’agit du même Mal, de la même recherche de la Pureté Absolue…Et ce n’est pas là le seul « copié-collé » que ce roman prodigieux nous offre…parmi les multiples dépôts en l’homme, de l’inhumain, qui, en regard, se révèlent autant d’appels à la Beauté et au Pardon.
    Quelle signification peut-on lire dans cet effort, chez des romanciers contemporains de plus en plus nombreux, de faire éclater une temporalité classique dans leurs récits ? La tentative peut-être, de rapprocher leur mouvement créatif de celui qui jadis inspira l’art roman : à partir du chaos des matières, faire émerger progressivement une forme qui donne sens au passé, ce que Michel Serres célèbre comme la gloire du futur antérieur… ?

    François L.


  • par (Libraire)
    29 avril 2019

    Coup de coeur d'Evelyne

    Epais roman polyphonique qui brasse toute l'Histoire de l'Europe depuis l'Inquisition jusqu'à nos jours à travers l'histoire d'un violon, celui du jeune Adria lequel grandit dans les années 50 en Espagne, coincé entre un père qui ne l'aime pas mais veut en faire celui qu'il n'a pas réussi à être, un grand érudit, et une mère qui ne l'aime guère mais veut en faire un virtuose du violon. Ce fameux instrument, dont le bois poussa suite à un triste épisode de l'Inquisition, puis disparut pendant plusieurs siècles avant qu'on ne le voie mystérieusement réapparaître à Auschwitz, va causer la perte du père, après avoir causé la perte d'autres personnages. Dans un chaos chronologique brillamment organisé, nous croiserons un jeune homme fuyant la vendetta familiale, un jeune luthier sacrifiant son amour à son art, un moine assistant du grand Inquisiteur Nicholas Eymerich, Rudolf Höss le commandant du camp d'Auschwitz et d'autres encore.Un roman magistral réhaussé d'une écriture des plus subtiles pour un roman qui est un des événements inattendus de la rentrée littéraire et à n'en pas douter un des futurs classiques du XXIème siècle. Les époques et les aventures sont imbriquées, tissées même en un récit flamboyant et passionnant dont le suspens vous tient jusqu'à la fin.


  • par (Libraire)
    29 mars 2019

    Roman monde

    Adria est un vieil homme à présent et sa mémoire commence à lui faire défaut. Dans un dernier effort avant que tout ne s'embrouille, il nous raconte son histoire personnelle enchevêtrée à l'histoire européenne. Différents lieux et époques se mélangent et convergent vers un épicentre commun Auschwitz-Birkenau. Une lecture dense et éclairée ayant pour thèmes majeurs l'art, la recherche de la connaissance et la compréhension du mal. Un roman monde dont le style clair bien qu'érudit vous enchantera.


  • par (Libraire)
    12 juillet 2018

    Confiteor

    Outre son intrigue complexe, la richesse de Confiteor s'observe aussi sur la forme. Jaume Cabré transgresse les lois de la narration pour mieux la réinventer. Il a le don de passer d'une période historique ou d'un point de vue à un autre, parfois dans la même phrase, avec une facilité déconcertante, et ce, sans jamais perdre son lecteur. C'est sans doute ce qui rend l'exercice fascinant - d'autant plus quand il est réalisé, comme ici, à la perfection.


  • par (Libraire)
    7 juillet 2016

    Chef d'oeuvre !

    A la manière de la prière utilisée pour solliciter le pardon, Confiteor est la confession d'Adria Ardevol, qui a décidé d'écrire son histoire à la femme de sa vie, avant de perdre complètement la mémoire.
    Ce récit chevauche ainsi l'Histoire, plongeant dans les origines familiales, entre le Moyen Age et maintenant, les personnages foisonnent (une liste se trouve à la fin de l'ouvrage), et parfois au sein d'une même phrase, d'un même paragraphe, sont décrites plusieurs scènes à la fois, ayant lieu pourtant à différentes époques.
    Car tout a un lien dans Confiteor. En filigrane, c'est aussi l'histoire tumultueuse et dramatique d'un violon extraordinaire, fabriqué par le luthier Storioni, dont la famille Ardevol deviendra propriétaire... Roman fleuve aux multiples portes d'entrée, Confiteor n'est pas un livre facile à apprivoiser. Le lecteur devra s'adapter à cette écriture très particulière, qui peut en décourager plus d'un. Mais une fois le rythme pris, vous ne vous en déferez plus : C'est passionnant et impressionnant de maîtrise littéraire.


  • par (Libraire)
    7 mai 2016

    Confiteor

    Epais roman polyphonique qui brasse toute l'Histoire de l'Europe depuis l'Inquisition jusqu'à nos jours à travers l'histoire d'un violon, celui du jeune Adria lequel grandit dans les années 50 en Espagne, coincé entre un père qui ne l'aime pas mais veut en faire celui qu'il n'a pas réussi à être, un grand érudit, et une mère qui ne l'aime guère mais veut en faire un virtuose du violon. Ce fameux instrument, dont le bois poussa suite à un triste épisode de l'Inquisition, puis disparut pendant plusieurs siècles avant qu'on ne le voie mystérieusement réapparaître à Auschwitz, va causer la perte du père, après avoir causé la perte d'autres personnages.

    Dans un chaos chronologique brillamment organisé, nous croiserons un jeune homme fuyant la vendetta familiale, un jeune luthier sacrifiant son amour à son art, un moine assistant du grand Inquisiteur Nicholas Eymerich, Rudolf Höss le commandant du camp d'Auschwitz et d'autres encore.Un roman magistral réhaussé d'une écriture des plus subtiles pour un roman qui est un des événements inattendus de la rentrée littéraire et à n'en pas douter un des futurs classiques du XXIème siècle. Les époques et les aventures sont imbriquées, tissées même en un récit flamboyant et passionnant dont le suspens vous tient jusqu'à la fin.