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La sociologie historique, Traditions, trajectoires et débats
Éditeur
Presses de l'Université du Québec
Date de publication
Collection
Politeia
Nombre de pages
480
Langue
français
Langue d'origine
français
Fiches UNIMARC
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La sociologie historique

Traditions, trajectoires et débats

Presses de l'Université du Québec

Politeia

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**Extrait**


La g enealogie d'un champ de recherche ne peut s'effectuer en l'absence de
normativite. L'exercice exige de rappeler les debats qui ont marque l'histoire
de la discipline; de degager les differentes modes qui l'ont structuree; d'y
reperer les enonciateurs retenus comme legitimes ainsi que les ouvrages
pivots. Il requiert egalement de distinguer les debats, les questions et les
problematiques qui sont legitimes ou illegitimes a telle ou telle periode
(Juteau, 1981). L'exercice donne aussi une coherence, parfois _a posteriori_ ,
a l'evolution des controverses. Il ne faut pas sous-estimer les effets de mode
annonçant autant de virages, de tournants que de ruptures. Cette prudence est
d'autant plus necessaire en sociologie historique qu'y convergent des
chercheurs issus de disciplines ou de traditions entretenant differentes
relations a l'histoire. Des contraintes disciplinaires forcent les
politologues a cadastrer les terrains respectifs de la sociologie historique,
de la politique comparee et de l'etude des relations internationales. D'autres
contraintes disciplinaires incitent les historiens a distinguer la sociologie
historique de l'histoire sociale et de l'histoire globale.

On trouve plusieurs periodisations du developpement de la sociologie
historique (Smith, 1991; Calhoun, 1997a). Elles decrivent generalement des
trajectoires differentes aux États-Unis et en Grande-Bretagne (Smith, 1991;
Hall, 1989). En 1991, Smith analysait la transition d'une sociologie
historique du triomphe americain durant la guerre froide (1945-1960) a la
redecouverte des conflits et mouvements sociaux durant l'ere des luttes pour
les libertes civiles (1960-1980), puis a un engouement pour la longue duree
avec la fin de la guerre froide (1975-1990) (Smith, 1991). Plus recemment,
Julia Adams, Elisabeth S. Clemens et Shola Orloff (2005) ont distingue trois
vagues de sociologie historique: une premiere caracterisee par son accent mis
sur _les causes_ de la modernit e europeenne; une seconde qualifiee par ses
descriptions de _la_ modernit e europeenne; et, enfin, une troisieme rivee sur
l'etude des emotions, de la culture, du pouvoir et des genealogies
constitutives de l'incantation de la modernite comme telle. Cependant, la
grande diversite des approches theoriques et methodologiques presentees dans
cet ouvrage collectif ne confirme pas toujours la coherence de cette nouvelle
vague annoncee par les directeurs de l'ouvrage, pas plus que d'autres
tentatives recentes de presenter un virage culturel coherent en sociologie
historique (par exemple Steinmetz, 1999). En Angleterre, c'est aux travaux de
John M. Hobson, Stephen Hobden et George Lawson que l'on associe generalement
le qualificatif de «seconde vague» de sociologie historique (Hobden et Hobson,
2002). Le principal critere de demarcation entre ces deux vagues est la prise
de distance de ces nouveaux auteurs avec les fondements neorealistes de
l'etude des relations internationales qui caracterisent la «premiere vague» de
sociologie historique (Dufour et Lapointe, 2010a; Lapointe et Dufour, 2012).
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