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Eireann Yvon

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Amoureux de la lecture et de la Bretagne, j'ai fait au hasard des salons littéraires de la région beaucoup de connaissances, auteurs ou lecteurs.
Vous trouverez mes chroniques ici :
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A bientôt.
Yvon

Composition française, Retour sur une enfance bretonne

Retour sur une enfance bretonne

Gallimard

19,50
20 mai 2010

Passé décomposé.

Ce livre qui n'est pas un roman peut être décomposé lui aussi en deux parties, l'enfance proprement dite, puis une réflexion sur les relations très ambiguës entre la France et les « pays » qui la compose. Géographiquement cette enfance ne se situe pas très loin de mon lieu de naissance, la mère de Mona Ozouf étant institutrice à Plouha, mais à cette époque les distances paraissaient plus longues!

Ce livre est différent des autres ouvrages sur le même sujet dont j'ai parlé ici-même, dans le sens où ce n'est pas un legs, comme dans « Mon Vieux grenier en Bretagne* », ni un roman comme dans « Ma Langue au chat** » ou « La peine du Menuisier***». Ici l'auteur nous parle de sa famille et de son enfance, mais ce père qu'elle a peu connu. Il est décédé quand sa fille avait quatre ans. Il a été un militant de la cause bretonne toute sa courte vie. Donc sa langue maternelle est le breton. L'approche des relations entre la langue bretonne et l'éducation scolaire est plus rigoureuse, plus scientifique tout en restant une affaire de cœur.
Grande spécialiste de la Révolution Française, Mona Ozouf nous parle des aspects négatifs de celle-ci sur les « Provinces » qui formaient la France, et la grande doctrine « La France, une et indivisible ».
Je partage tout à fait le point de vue de l'auteur pour la langue bretonne : la pilule a du mal à passer, pourquoi cette éradication forcenée ? Et ce mépris superbement affiché, c'était la
langue des paysans et des pêcheurs, et alors!
Elle donne l'exemple à une époque où les enfants dans les campagnes commençaient l'école à six ans, la seule langue qu'ils connaissaient était le breton, donc les bases étaient là. L'apprentissage du français n'était pas une difficulté en soi. Mais à la maison, le breton revenait naturellement. Les deux langues avaient leur utilité et étaient parlées chacune dans leurs territoires. Maintenant, le problème est à l'inverse, les enfants apprennent le breton à l'école, mais ce sont les parents qui ne le parlent plus!
Dans une vie, on rencontre beaucoup de personnages, et en général on commence par ses parents deux êtres diamétralement opposés. Le père Yann Sohier, fils de gendarme, militant breton, né comme il dit lui-même du mauvais côté de la Bretagne, qui dut apprendre le breton, qu'il écrivait et lisait, mais ne parlait pas bien. Et dans les années 1925/1935, le militantisme breton n'était pas monnaie courante, pour ne pas dire incongru! La mère Anna Le Den, bretonnante de naissance, institutrice à une époque où l'enseignement devait éradiquer le breton chez les enfants! Parlant breton avec sa mère qui comme souvent à l'époque était veuve et vivait avec eux, mais parlant français avec sa fille.
Personnage omniprésent de toute enfance bretonne, la grand-mère qui s'occupait dans le cas présent de la maison et de l'éducation de sa petite fille. Une vie un peu austère entre femmes, dans un bourg breton, l'évasion toute trouvée, ce sont les livres, ceux en breton du père et les autres.....
J'aime beaucoup la manière dont l'auteur rappelle le comportement des intellectuels de l'époque, tous n'étaient pas des saints, les courants d'idées changeaient rapidement, mais il est étrange que seuls certains représentants des mouvements bretons soient montrés du doigt? Elle remarque au passage qu'il est facile de juger plus de cinquante ans après quand l'histoire est écrite.
La littérature est omniprésente dans ce livre, les auteurs bretons de Xavier Grall à Per-Jakez Hélias en passant par Morvan-Lebesque, Louis Guilloux et son épouse Renée, qui était le professeur de l'auteur à Saint-Brieuc. J'ai découvert des écrivains que je n'ai pas encore lus, en particulier Jakez Riou, je me suis rappelé les grands anciens Emile Masson, Ernest Renan et pourquoi ne pas relire certaines pages du « Barzaz-Breizh »! Et la mythique Irlande, qui est présente dans les cœurs, et dans les esprits, Le Sinn Féin et les Pâques irlandaises, le rêve est loin désormais. A noter que pour le roman de Liam O'Flaherty, l'auteur utilise la dénomination de « Le dénonciateur » qui était en usage pour les premières éditions, mais qui est plus connu maintenant sous le titre de « Le mouchard ».
Ce livre est pour les non-bretons, (et ils sont plus nombreux que les bretons) une excellente approche de ce curieux phénomène, se réclamer d'une identité bretonne, aujourd'hui! Et tout cela en toute liberté et en toute connaissance de cause.

Jack Kerouac, Breton d’Amérique
20 mai 2010

Les poissons de la mer parlent breton *

En retrouvant Jack Kerouac, j'éprouve souvent deux sentiments, la joie de le lire, et un petit brin de nostalgie. C'était il y a longtemps, mais j'ai gardé précieusement mon vieux volume de « Sur la route ». J'avais lu il y a quelques années « Jack Kerouac, au bout de la route ...la Bretagne » des deux mêmes auteurs. Ce livre n'est pas la réédition du précédent ouvrage, mais le résultat de dix années de recherches supplémentaires.

Prenons la route qui nous mènera des forêts du Huelgoat en 1720 jusqu'en 1969 en Floride où est décédé Jack Kerouac dont la quête de son ancêtre fut vaine .
Urbain-François Le Bihan, fils de François-Joachim de Kervoac, notaire et « principal bourgeois de la ville du Huelgoat » est dans une situation peu brillante. Il est accusé de vol, et ce n'est pas, semble t-il, la première fois! Après quelques péripéties judiciaires, il rejoint le lot des fils de familles mis à l'écart du scandale en Bretagne. Une pratique qui consiste pour les pères à envoyer par une lettre de cachet leurs fils dévoyés au loin le plus légalement du monde! Donc pour Urbain, à nous deux la « Nouvelle-France » Au début il sera chasseur, trafiquant avec les indiens des peaux contre de l'alcool, mais une de ses premières préoccupations est de se forger une nouvelle identité, et là, commence la valse des noms, prénoms, surnoms, et autre pseudo titre de noblesse! Chose rendue possible par des préposés aux archives à l'orthographe plutôt fantaisiste, bien aidée par Urbain lui même.
Quelque exemples : Carouch, Caroak, Karoüak, Querouac, Kerouacq, Kyroique, Kerouac. Son acte de décès s'établit comme suit:
- « Le 5 mars (1736) , Alexandre Keloaque, breton de nation, âgé d'environ trente ans et faisant fonction de commerçant décède à Kamouraska après avoir reçu tous les sacrements ».
Cette écriture à deux mains, la généalogiste et le journaliste, est particulièrement intéressante, surtout pour le parallèle entre les vies de Jack et de son ancêtre. Même complexité des individus, Urbain étant nettement plus roublard que Jack et étant très souvent à l'extrême limite de la légalité. Autre point commun, ils mourront tous les deux très jeunes après des vies, si l'on peut dire, bien remplies. Ils seront également des aventuriers et voyageurs, chacun à leur époque.
Deux personnages avec leur soif de vivre, même si celle-ci a tué Jack avant l'heure, deux destins semblables comme si, ironie de l'histoire, le premier traçait la route au second!
Urbain et Jack à des époques différentes auront eu leur « Conquête de l'Ouest ».
Un bon livre pour un néophyte qui voudrait connaître l'essentiel de l'oeuvre et du personnage de Kerouac, en particulier sur ses relations avec sa mère Gabrielle (dit Mémère!). Hervé Quéméner s'attache en particulier, ce que l'on ne trouve pas dans les autres ouvrages consacrés à Kerouac, à son attachement (parfois excessif ) à la Bretagne. Quelques très belles lignes sont consacrées aux rencontres et à l'amitié qui liait Kerouac et Youenn Gwernig.
Par contre, il est absolument nécessaire de s'accrocher pour suivre Urbain-François Le Bihan de Kervoac dans ses nombreuses péripéties! Et tout cela sous des noms d'emprunts qui ont dû rendre le travail de Patricia Dagier pour le moins ardu, mais passionnant.
Les auteurs signalent quelques livres de Kerouac au sujet de la Bretagne, « Big Sur » pour le poème en fin d'ouvrage, et « Satori à Paris ». Dommage que cette édition ne reprenne pas les photos et la généalogie figurant dans « Jack Kerouac. Au bout de la route....la Bretagne ».
On peut retrouver des témoignages de gens ayant côtoyé Kerouac dans l'excellent ouvrage (mais est-il toujours disponible, car il date de 1978?) « Les vies parallèles de Jack Kerouac » de Barry Gifford et Lawrence Lee aux éditions Henry Veyrier.
*Phrase extraite de « La mer ». Bruits de l'océan Pacifique à « Big Sur », qui termine le roman du même nom.

Country blues

Anne-Marie Métailié

8,50
17 mai 2010

Campagne profonde !

Second roman pour cet auteur brestois que j'ai rencontré plusieurs fois à Lorient.
Après « Last Exit to Brest », on quitte la cité du Ponant pour les monts d'Arrée où l'ambiance et l'existence ne sont guère plus réjouissantes. Si l'air y est plus pur, il n'y est pas forcément plus sain.
Il s'en passe des choses dans la Bretagne profonde, plus précisément dans une ferme loin de tout! Une jeune fille nommée Flora a atterri là par ce qui semble être le plus grand des hasards, ce qui ne déplait, ni à Dany, un des hommes de la fratrie coureur de jupon notoire, ni à Cécile, qui elle, est plutôt portée sur les jeunes filles! Il faut bien reconnaître que la vie n'est pas spécialement hilarante dans les environs. Et que le reste de la famille n'est pas non plus réellement une lignée des plus amusantes.

Et le passé est encore pire, petit à petit nous remontons l'histoire des deux familles des environs : les Argol et les Moullec....
Un chanteur de rock en fin de carrière, une ferme vendue d'une famille à l'autre, des adultères et des petites filles assassinées.... On sent des animosités entre eux......On est loin de la douceur de la vie à la campagne.....

La brochette de personnages, tous un peu dégénérés et en définitive, il est dur d'en trouver un qui rehausse la moyenne! Impressionnant!
A tout seigneur toute horreur, la famille Argol, au grand complet : Dany gentleman-farmer, play-boy peut-être un peu moins taré que les autres, enfin, il semble. Sa sœur Cécile, lesbienne hommasse, reine de la gâchette, Jean-Bruno boxeur dérangé et les coups de poings n'en sont pas la cause principale, ou alors si peu...Son occupation principale, la construction d'un mur... Le plus jeune, Lucas, est toujours en compagnie d'Olive, sa marionnette, qui ne le quitte pas! Pour la mère, mettons cela sur le compte de la maladie et de la vieillesse ! Et ici je ne parle que des vivants, car il y a quelques cadavres dans les placards....
Les Moullec, l'autre famille, ne sont guère mieux lotis. Enfin si c'est possible, c'est même peut-être encore plus grave! Didier est garagiste, son frère Gildas, artiste peintre, travaillait avec lui. Vincent lui est un ancien flic, Clémente, épouse adultère de Didier, partie depuis longtemps avec Gildas, son propre beau-frère, morte depuis. Evelyne, la fille de la famille, tenancière, veuve et alcoolique qui ressasse un ancien chagrin d'amour et qui le noie dans diverses boissons ! Anne-Laure, fille de Didier, qui s'est suicidée, suite à un chagrin d'amour elle aussi! Et Jérémie, le fils d'Evelyne, gros balourd, amoureux éconduit. Flora est la pièce rapportée de l'histoire, mais sa présence est-elle si innocente que cela? Routarde perdue sur la route et paumée dans ses pensées?

Et L'Ankou qui rôde, la charrette qui tourne, tourne, tourne.....
Ce roman est divisé en quatre parties numérotées « Unan », « Daou » « Tri » et « Pevar ». Tous les protagonistes de cette histoire en sont les narrateurs, chapitres après chapitres, avec inversion des familles. Certains passages sont vus par plusieurs personnes qui semblent se relayer dans l'intrigue.
Un récit très glauque et une plongée dans une histoire très noire qui m' a fait penser à certains ouvrages de Jim Thompson, dans lesquels il n'y a aucun espoir et où le genre humain n'est qu'un ramassis de fous furieux! Un excellent roman avec une conception et une narration originale, mais qui peut surprendre.

Une réussite, avec une intrigue machiavélique à souhait!
A noter que chaque famille a un caractère d'écriture différente qui fait que l'on sait tout de suite quelle fratrie s'exprime.

Anatolin, roman
15,65
14 mai 2010

Retour aux sources

Retour aux sources!
Une incursion dans la littérature allemande, pourquoi pas? À part Karen Duve et son diluvien roman « Déluge », je n'avais guère fréquenté la littérature d'outre Rhin.
Un homme nous raconte sa vie et la double quête de celle-ci. Trouver son frère Gunter, perdu au sens égaré par ses parents pendant la guerre, donc avant sa naissance, et retrouver ses racines. Et là, c'est plutôt compliqué, entre l'Ukraine et la Pologne, dans un monde post-communiste, ce n'est pas gagné. Surtout que les deux familles paternelle et maternelle faisaient partie des minorités allemandes de ces deux pays!
Départ à 12h37 de Berlin, direction Kutno en Pologne ; là déjà il faut se rendre à Bryschtsche, ville natale du père ! Mais pour cela, il faut passer par Lviv (Lamberg en allemand et Lvov en russe) où il se fait escroquer de 50 euros par une guide qui ne connait pas la ville, il doit aller dans une pharmacie, car il souffre d'un panaris et il trouve un chauffeur qui n'a pas de voiture! Bref un voyage plutôt saugrenu.
Enfin tous les chemins mènent à Bryschtsche où il croise une jeune paysanne en jean rouge moulant et en bottes de caoutchouc, évidement elle lui plait bien! Il se souvient qu'un homme avait écrit ses souvenirs : La vie rurale à Bryschtsche. Les fêtes religieuses à Bryschtsche. L'artisanat à Bryschtsche. Les écoles à Bryschtsche. Les saisons à Bryschtsche. Une caricature grinçante d'un monde glauque et sans espoir.
Reprenons les choses en train et retrouvons notre narrateur enfant, entre ses frères, ceux que les parents n'ont pas égarés, trois, terrorisés par un père handicapé de guerre et ombrageux. Vient le temps des études, une amie, puis Berlin sans l'amie, mais avec la solitude.
Puis nous retournons à sa naissance. La première chose qu'il a vu, c'est un chien. Il pense que c'est la raison de son amour des animaux, son abonnement au zoo de Berlin pour y lire et préparer sa thèse... L'enfance et l'explication de sa haine des sonnettes... La honte qui est partie prenante de sa vie depuis la mort de son père....
Après maintes recherches, il lui semble reconnaître son frère Gunter dans la photo de« L'enfant trouvé 2037 », mais là il tergiverse sous différents prétextes, livre à écrire ou autres.... Il nous explique également ses relations avec le monde littéraire et ses lecteurs, en particulier une lectrice qui remarque tout...
Le narrateur, personnage un peu naïf, lunaire, tout lui plait, le jeune homme du train, sa compagne aussi, il faut dire qu'avec son jean trop bas et son chemisier trop court, celle-ci n'est pas désagréable à regarder. Il repense à son enfance, enfin plutôt à une enfance disparue, ainsi que la maison où il a vécu dans une ville qu'il ne reconnaît pas. La quête de son identité lui fait découvrir le nom d'Anatolin, village où est née sa mère... Enfin quand on dit village....
Un livre très étrange, des histoires de voyages et une sorte d'essai de l'auteur sur lui-même et sur la littérature allemande. Treichel nous parle de ses études et de sa thèse sur Wolfgang Koeppen ou sur sa rencontre avec Peter Weiss ; pour un non spécialiste, c'est un peu rédhibitoire! Ajouter à cela un ordre chronologique pour le moins fantaisiste, le lecteur moyen, moi en l’occurrence, est un peu perdu!Dommage, car le côté absurde des recherches familiales est très réussi dans un monde ubuesque.
Peut-être aussi, comme ce livre fait partie d'une sorte de trilogie, il est sûrement préférable de les lire dans l'ordre. Un récit entre roman et réalité d'où il est difficile de discerner le vrai du romanesque, ce qui donne un roman où le comique côtoie le très académique.
Une découverte qui me laisse un sentiment mitigé.

La clef de la chapelle est au cafe d'en face
11 mai 2010

Retour aux sources.

Je connaissais surtout Yvon Le Men comme poète, ayant lu il y a plusieurs années maintenant "Le pays derrière le chagrin". Ici pas réellement question de chagrin, mais de respect pour des hommes, qui à un moment de ma vie m'ont rappelé que j'étais né en Bretagne.
Promenades bucoliques dans la Bretagne profonde, celle des îles, à Molène, avec son président de fan club de Johnny Hallyday le plus à l'ouest de France, mais qui ne met dans son bar que de la musique bretonne le dimanche soir.
Molène où l'heure est celle de la nature "Les français ont imposé l'heure à la place du soleil". Et puis de vieux souvenirs de scolarité très lointains entre La Clarté et Ploumanach : mon front en porte encore les traces.
Et Paimpol et ses mots magnifiques :
-Il est juste de s'incliner devant ces mineurs de l'océan que leurs épouses espéraient au lieu dit "la Croix des Veuves" voir revenir à Ploubazlanec. Avec vue imprenable sur la mer. Sur la mort.
Un mot aussi sur la langue :
"Quelqu'un avait écrit
Défense de parler breton
et de cracher par terre
J'ai appris le latin
le grec
Mais je n'ai pas craché par terre".
Moi non plus, hélas, mais revenons aux hommes, les célèbres, Joseph Le Guen, compagnon de promenades à Molène, Xavier Grall souvent évoqué,avec également le souvenir de Glenmor :
-Et je cherche sa maison avec son nom au bord des lèvres et le livre de Grall à la main.
Yann Fanch Kemener, homme du centre Bretagne, collecteur du passé, mais chanteur d'aujourd'hui.
Mais aussi, et surtout les humbles, les gens que nous côtoyons tous, souvenirs de son copain Jean-Yves, mort à la Réunion, dont le père fit transporter un tombeau de granit rose à l'autre bout du monde pour que son fils soit enterré en Bretagne.
Les nombreux inconnus, ces "personnages" de Bretagne, mélange de démesure et de candeur feinte, capable d'être braconnier et garde-pêche. Ces campagnes profondes avec des hommes qui ont fait plusieurs fois le tour du monde et ne s'en vantent pas.
Un grand poète ne peut qu'avoir une grande écriture, cela se confirme. Ce genre de livres me procure toujours une très forte émotion, car ils semblent me parler de la seule grand-mère que j'ai connue ; de mes promenades de môme entre Paimpol et Porz-Even, il y a longtemps, enfin avant de commencer à grandir.