Votre librairie disponible 24/24 h

Librairie La Galerne - 148, rue Victor Hugo - 76600 Le Havre

02 35 43 22 52

Alex-Mot-à-Mots

http://alexmotamots.fr/

Alex L., lectrice compulsive, presque anonyme.
Ayant une préférence pour les bons polars, mais aimant aussi les autres genres (sauf la SF, pitié....)

Rue des Boutiques Obscures
23 avril 2020

identité, recherche

Le narrateur souffre d’amnésie. Son patron part en retraite et ferme son activité de détective, alors le narrateur part à la recherche de son identité.

Première piste : est-il Freddy Howard de Luz ? Non, même si Freddy a disparu sans laisser de trace.

Seconde piste : est-il Pedro McEvoy ? Mais celui-ci utilisait également l’identité de Jimmy Pedro Stern.

Il s’est marié avec Denise et, avec Freddy et Gay, ils sont partis à Megève en pleine occupation allemande et en hiver.

J’ai aimé retrouver la couleur verte dans les pages de ce roman. La couleur bleue émerge en fin de volume.

Au début du récit, les personnages doivent souvent se baisser dans les pièces dans lesquelles ils se trouvent. Cela m’a fait sourire.

Bien sûr, j’ai retrouvé les thèmes de l’auteur : le sfumato qui entoure les souvenirs, la disparition des êtres proches, l’indispensable bottin et les Alpes.

Et une adresse obscure, à Rome.

Quelques citations :

Hutte répétait qu’au fond, nous sommes tous des « hommes des plages » et que « le sable ne garde que quelques secondes l’empreinte de nos pas ».

Décidément, tout finissait dans de vieilles boîtes de chocolat ou de biscuits. Ou de cigares.

L’image que je retiendrai :

Celle des personnages masculins qui portent tous la moustache dans les années où se déroule le récit.

https://alexmotamots.fr/rue-des-boutiques-obscures-patrick-modiano/

Nefertari dream

Bonnot, Xavier-Marie

Belfond

19,00
23 avril 2020

Egypte, révolte

J’ai aimé les personnages : Rodolphe, archéologue français en mission en Egypte sur la rive des morts du Nil à la recherche de la tombe d’une petite reine, femme de Ramsès III ; Noah, habitante de cette rive qui part faire ses études d’égyptologie à Paris, qui rencontre Rodolphe ; le père de Noah qui a fait fortune en revendant des trésors volés ; Amina, l’amie d’enfance de Noah, qui se radicalise depuis son mariage avec un salafiste.

Le décor ensuite : du Caire où bouillonne la révolte des Frères Musulmans demandant plus de démocratie à la Vallée des rois où le touriste se fait rare depuis les attentats.

L’Histoire du pays en arrière-plan qui détrône le président Moubarak.

Les 3 éléments qui composent le pays : l’antique, le copte et le musulman.

Le récit, enfin, qui mêle habillement personnages, décor et Histoire pour me tenir en haleine.

J’ai aimé arpenté les sites avec Rodolphe, me promener dans les rues du Caire avec Noah, écouter les conversations autour d’un karkadé, le soleil tombant sur la vallée du Nil.

Une citation :

Il suffit d’aller derrière les grands hôtels de Louxor pour découvrir le visage hideux de cette prétendue industrie : des montagnes d’ordures sur lesquelles vivent des villages entiers. Sans parler du mépris de la plupart des voyageurs pour les Egyptiens.

L’image que je retiendrai :

Celle des geckos que l’on croise souvent dans ces pages.

https://alexmotamots.fr/nefertari-dream-xavier-marie-bonnot/

LA COUPURE
8,40
23 avril 2020

Londres, policier

J’ai aimé suivre ces trois femmes, lire leurs passés retracés par bribes.

J’ai trouvé Kate très professionnelle, qui sait en quelques phrases et attitudes mettre ses interlocuteurs en confiance et leur faire dire ce qu’ils cachent au fond de leur coeur.

Un roman qui met en lumière les secrets de chacun, et comment ils ruinent la vie de tout le monde.

L’image que je retiendrai :

Celle des surnoms donnés en salle de rédaction du journal : le commandant, l’as de la crim’.

https://alexmotamots.fr/la-coupure-fiona-barton/

Le cheptel

Denjean, Céline

Pocket

9,50
23 avril 2020

policier, secte

Où l’on retrouve la gendarme Héloïse Bouquet qui avait enquêté dans La fille de Kali.

Aidée d’une équipe de Nîmes suite à la découverte d’un corps en Lozère, elle remontera la filière d’une traite d’être humain particulière.

Nous retrouvons le personnage annexe qui mène une toute autre enquête et qui arrive au même endroit. Ici, un notaire retraité à la recherche de sa soeur jumelle dont il a été séparé à la naissance au Vel d’hiv pendant la grande rafle.

Nous retrouvons également l’ancien détective privé Danny Chang, décédé dans le premier roman, qui avait enquêté sur la naissance du notaire.

Sans oublier la journaliste Amanda Kraft qui résume l’enquête dans la double page de son article.

Si l’auteure a évité l’écueil de la brunette cette fois-ci, ses personnages féminins sont souvent coupées au carré, brunes ou blondes.

J’ai aimé l’auto clin d’oeil à ses romans lors d’un dialogue entre personnages.

Et bien sûr, les Pyrénées. Comme le dit elle-même Héloïse : Entre notre tueuse coupeuse de têtes et cette communauté profil amish exploités, je vais finir par croire que les Pyrénées constituent le refuge de tous les barjots de France.

Bref, d’excellents moments de lecture (car le livre est un pavé), et une fin qui m’a donné envie de me jeter sur la suite.

Quelques citations :

la capacité à développer une vue d’ensemble à partir de certains éléments, la logique d’une construction historique… toute cette démarche n’était pas si naturelle que ça. Lui qui n’avait jamais rencontré la moindre difficulté à l’école mesurait désormais l’impact colossal du défaut d’enseignement. L’absence des savoirs rudimentaires, comme la lecture et l’écriture, le non accès à la culture rendaient très difficile le développement d’une pensée autonome. Finalement, penser était un combat qui supposait la possession de certaines armes !

Tu ne m’as pas rejeté et tu as voulu savoir. Peut-être qu’elle est là la clé de la délivrance ? Dans ta recherche de vérité, non ?

Après tout, l’être humain n’était-il pas la matière la plus difficile et donc la plus jubilatoire à façonner ?

L’image que je retiendrai :

Celle de la grande prêtresse Virinaë qui donne à son cheptel des prénoms inventés.

https://alexmotamots.fr/le-cheptel-celine-denjean/

Richesse oblige

Anne-Marie Métailié

18,00
14 avril 2020

Enquête

5e roman de l’auteure, et je me régale toujours autant.

L’auteure alterne la vie d’Auguste de Rigny en 1870 lors du siège des Prussiens et la vie de son personnage principal, jeune femme handicapée suite à un accident et travaillant pour la Justice.

J’ai aimé la rébellion de Blanche, le personnage principal, qui m’a rappelé un peu La Daronne par son anti-conformisme.

Le personnage d’Auguste m’a attendri : jeune homme issu de la haute bourgeoisie, il fréquente les milieux socialiste parisiens. Il souhaite à la fois entrer dans l’armée comme ces milliers de pauvres de son pays qui n’ont pas le choix, mais se rend compte de l’impossibilité pour lui de vivre la vie d’un corps de garde.

Encore une fois, j’ai aimé l’humour de l’auteure et sa vision d’une justice efficace.

Quelques citations :

Et qu’on ne vienne surtout pas me parler à propos des stups, de santé publique, vu ce qu’on mange et ce qu’on respire tous les jours.

… cette intuition diffuse d’après laquelle notre société du XXIe siècle ressemblerait de plus en plus à celle du XIXe.

L’image que je retiendrai :

Celle de la petite île bretonne sur laquelle vit le père de Blanche où tout le monde se connait.

https://alexmotamots.fr/richesse-oblige-hannelore-cayre/