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Laurence G.

Libraire passionnée à Epinal depuis 2013.

Éditions de L'Olivier

18,00
par (Libraire)
19 septembre 2022

Comment je m'appelle et, donc, qui suis-je ?

Polina Panassenko écrit avec ses tripes, c'est la 1ère chose que je me dis une fois terminé ce roman, qui en dit très long sur son auteure.
Avec ses tripes et avec humour, adoptant, pour raconter le voyage d'une fillette de l'ex URSS vers la France, un rythme sans temps mort.
Entre l'appartement communautaire moscovite où cohabitent 3 générations et celui de St Étienne où vont s'installer les parents de Polina et leurs 2 filles en 1993, il y a 3000 kilomètres, une culture et surtout une langue, totalement incompréhensible à la petite qui débarque.
Partagée entre ces deux langues, ces deux cultures et ses deux pays, la petite va devoir user de stratagèmes pour conquérir le français, "la langue du dehors", aux dépens du russe, la langue de la famille, de la maison, "du dedans".
Mais si ce récit fait de sons et d'accents, d'images et de mémoire va nous permettre de plonger dans l'enfance de la narratrice, c'est tout d'abord parce que l'auteure a souhaité, vers la trentaine, récupérer son prénom russe troqué par l'administration française contre un prénom francisé au moment de la naturalisation de son père. Un parcours de combattante dans les méandres des "services compétents"...
Un gros coup de cœur pour un texte ramassé, époustouflant de maîtrise et plein de tendresse lorsque la narratrice évoque ses grands-parents.

par (Libraire)
17 septembre 2022

Le tome 8, petit dernier d'une Bd Jeunesse coup de coeur !

Le 8ème tome des "ENFANTS DE LA RÉSISTANCE" tout juste paru aborde toujours la Résistance en France pendant l'occupation allemande par le biais de 3 enfants qui ont monté un réseau dénommé Lynx (mais sans que personne ne sache que derrière ce réseau, ce ne sont pas des adultes...).
Cette fois-ci Benoît Ers et Vincent Dugomier parlent de l'importance des journaux clandestins dont le rôle était primordial pour maintenir la population au courant de l'avancée des alliés, pour garder le moral des troupes et appeler à de nouvelles actions de sabotage. La désinformation de la part du gouvernement de Vichy envahissait en effet quotidiennement la presse autorisée à publier et les ondes de la radio nationale, il fallait donc contrer cela.
Nous sommes en plein été 1943, période où les moissons occupent les agriculteurs à temps plein. François, le jeune narrateur et fils d'agriculteurs, ainsi qu'Eusèbe et Lisa, ses amis, continuent leurs initiatives, souvent dangereuses, pour combattre à leur manière les occupants.
Outre l'importance de la presse clandestine, le rôle de la milice française et des réseaux de résistants étrangers dans le maquis sont aussi deux autres points développés dans la trame de ce nouveau tome.
On applaudit des deux mains le travail remarquable de Dugomier -au scénario- et de Ers -au dessin et à la couleur-, la clarté de l'histoire à portée de compréhension des enfants (dès 10 ans jusqu'à beaucoup plus...), la tension du récit et l'hommage aux résistants, petits et grands (dans tous les sens du terme).
Un cahier documentaire très bien conçu complète la Bd à la fin avec des documents d'archives permettant un recalage de la narration imaginaire dans le réel vécu par les Français à l'époque.

Éditions Gallmeister

25,60
par (Libraire)
14 septembre 2022

Un roman incandescent sur l'innocence, la haine et la mémoire...

Après un 1er roman aussi fort que "Betty", on doute, on attend avec circonspection et impatience en même temps et enfin on ouvre le second, arrivé par la poste avec les services de presse estivaux.... Quelle claque à nouveau !
C'est une famille qui est placée là aussi au centre de notre attention et dont le père, Autopsy Bliss, procureur dans une petite ville imaginaire de l'Ohio, Breathed, est celui qui va tout déclencher, ou presque (ne jamais se fier à ce que les auteurs voudraient bien nous faire croire...) : l'arrivée d'un gamin noir décharné qui prendra pour prénom Sal, l'amitié de ce garçon avec Fielding, le fils d'Autopsy Bliss, l'adoption de Sal par leur famille, la haine d'une petite ville, la vindicte, les drames...
Fielding, âgé, se remémore ce qui est arrivé l'été de ses 13 ans, l'été où tout brûla...
Avec un sens de la construction et du rythme parfaits, Tiffany McDaniel nous révèle à nouveau toute la noirceur de l'âme humaine, toute sa grandeur aussi, tout en distillant subtiles vérités et vérités fausses de façon extrêmement habile.

Stéphane Émond

Table Ronde

16,00
par (Libraire)
18 août 2022

Partir sur les traces de l'exode et relier le passé et le présent...

Au milieu des piles de romans de la rentrée littéraire, on trouve toujours des récits, des textes de moindre ampleur par leur nombre limité de pages mais qui sauront nous toucher au cœur tout autant. "Argonne" est un de ceux-là.
Très court - 121 pages- il n'en est pas moins dense pour autant.
Son auteur, dont la famille est originaire d'un village de l'Aube et qui a lui-même quitté cette région depuis bien longtemps, va traverser la France pour remettre ses pas dans ceux de ses
grands-parents et de son père, obligés de fuir la contrée un certain mois de juin 1940. L'Argonne sera donc le terrain d'investigation de Stéphane Émond, entre passé et présent, les fils de la mémoire et de l'épopée familiale faisant les liens entre 2 époques, entre 3 générations.
Relevant minutieusement les étapes de l'exode vécu de façon dramatique par sa famille, l'auteur nous convie à partager son journal de bord et à reparcourir cette route jonchée de nuits en plein air, d'entraide, d'épuisement, de peur, d'attaques aériennes funestes et c'est dans une très belle langue qu'il le fait, sobre mais parsemée de comparaisons poétiques et originales qui donnent toute sa saveur à ce très beau texte.

19,00
par (Libraire)
17 août 2022

Un très beau roman d'appentissage

Arnaud Dudek était venu à la librairie nous présenter "Tant bien que mal" en 2018, l'un de ses précédents romans, gros coup de cœur déjà ; c'est donc avec un plaisir non dissimulé que je vous parle de son nouveau roman publié par les éditions Les Avrils, jeune maison d'édition de littérature française contemporaine à laquelle j'ai fait allusion cet été avec un livre de Martine Delvaux.
Son personnage principal est un garçonnet se prénommant Victor ; il vit avec son père qui travaille en usine et qui sombre peu à peu dans un alcoolisme de désespéré.
La mère a fui le foyer très tôt, incapable d'assumer la maternité et un mariage insatisfaisant, courant derrière des rêves inatteignables de femme-enfant.
Victor n'a guère de passion jusqu'au jour où le sport, l'athlétisme plus précisément, découvert par hasard, va se révéler être un puissant dérivatif à l'ennui, à la tristesse, au sentiment d'abandon mais va surtout lui permettre de dévoiler des capacités physiques insoupçonnées jusque-là. Il n'aura désormais plus qu'une idée en tête, progresser, sauter plus loin, se dépasser.
Si le sport de haut niveau et ses dérives est au centre du roman, racontés de façon fine et intelligente, Arnaud Dudek nous parle aussi de la relation père-fils, magnifique, dans cette période si délicate de l'adolescence, de la famille, des adultes qui peuvent tirer de l'eau des jeunes paumés mais leur faire boire la tasse aussi, quitte à les noyer.
L'écriture de l'auteur, comme dans ses romans précédents, est toujours aussi délicate et précise, arrivant à nous faire saisir détresse et renaissance, espoirs, attentes, détermination, désirs et pulsions.