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Sylvain T.

Dans la tête de mon maître / roman
par (Libraire)
15 mai 2020

Paris, 1789. A travers le regard de Balthazar Janvier, jeune « grouillot » de Lavoisier, Béatrice Fontanel nous plonge avec bonheur en pleine Terreur ! Période pourtant largement écrite et décrite, Dans la tête de mon maître grouille d’anecdotes pertinentes, éclairant ainsi, non sans humour, nos connaissances sur la Révolution. D’un style vif et allègre, c’est non seulement tout un pan de la fin du XVIIIe siècle parisien auquel nous convie l’auteure mais aussi une superbe redécouverte des progrès scientifiques de l’époque (montgolfières, théorie de la combustion, synthèse de l’eau…) Non sans rappeler le Candide de Voltaire et le « picaro » de Cervantès, le récit de Béatrice Fontanel nous emporte avec malice dans le tragi-comique de notre Histoire où la folie des hommes s’avère décidément, si infinie… Une jolie lecture divertissante et didactique !

A la merci du désir

Monsieur Toussaint Louverture

26,00
par (Libraire)
14 mai 2020

« …Il devient impossible de séparer ce qu’on ressent du bout des doigts de ce qu’on ressent à l’intérieur, si bien que toucher, c’est être touché, et aimer, c’est plus réel que les promesses, l’espoir, l’envie et la peur, qui jusqu’à présent ont été plus réel que tout. » Cette phrase de Thompson cristallise à elle seule le foisonnant dernier livre de Frederick Exley. L’auteur de l’inclassable Dernier stade de la soif revient nous bousculer avec une nouvelle biographie-fiction oscillant merveilleusement entre cynisme hilarant et beauté tragique de l’existence. L’on suit le narrateur en prise tant avec une hôtesse ravageuse, ou un ivrogne irlandais qui le séquestre, qu’avec son frère militaire mourant. D’un ton toujours juste, vertigineux par son style et sa langue acérée, Exley nous embraque encore dans un tourbillon de sexe, d’alcool et de réflexion existentielle avec une rare efficacité. Il y a du Steinbeck, du Fante chez Exley mais aussi de la poésie dont lui seul à le secret : cette capacité d’un charme terrifiant à nous dépeindre la psychologie masculine et traduire une vision romantique de la vie tout restant plein d’humour. La vie est tragique, celle de Frederick Exley le fut aussi, mais à travers un admirable geste d’amour qu’est l’oeuvre de cet américain inclassable, dérangeant mais tellement attachant… Un petite à lire sans modération !

Trois mille kilomètres en canoë à travers l'Alaska

Albin Michel

21,90
par (Libraire)
8 mai 2020

Entre aubépine brillante et rivière luisante, Adam Weymouth, jeune militant environnemental londonien, nous livre à travers son premier livre une aventure tant lyrique que palpitante. Analysant les effets du changement climatique à long terme sur les écosystèmes, l’auteur des Rois du Yukon nous offre un récit des plus rafraichissant et des plus dépaysant. La déconnexion entre notre existence urbaine confortable et les ravages qu'elle fait sur l'environnement a propulsé Weymouth dans l'extrême nord américain pour pagayer deux mille miles à travers la nature sauvage en canoë sur la piste du saumon royal, du lac MacNeil jusqu’à la mer de Beiring, jonglant entre populations ancestrales autochtones et magnificence naturelle. Lumineux, riche et envoutant, l’on suit Adam et les saumons, telle une symphonie, nous emporter tant dans l’analyse écologique que dans la poésie de leur géographie sensible, sans jamais tomber dans l’excès. La juste mesure du ton élégiaque vient en contrepoint aux tragiques constats, concluant ainsi « qu’il est important de trouver un équilibre entre la joie et cette désespérante réalité écologique. » Il ne reste plus qu’à nous laisser bercer par les beautés sensorielles que nous offre la prose d’Adam Weymouth.. Une très belle découverte !

Quand arrive la pénombre
par (Libraire)
28 janvier 2020

Nous connaissions le fameux texte de De Quincey, De l’assassinat considéré comme un des Beaux Arts. Il nous faudra maintenant compter avec ce recueil de nouvelles de Jaume Cabré, tout entier imprégné du même lien entre l’art et le crime. En virtuose de la langue, l’auteur du somptueux Confiteor nous embarque dans une danse macabre parsemée de contre-points et de résonances malicieuses à l’architecture baroque où l’être le plus banal peut être un monstre d’une subtile beauté, tant par son geste que par ses mots. Glaçant, troublant, souvent cynique, on ne peut s’empêcher à la lecture de penser à « la terrible, l’indicible, l’impensable banalité du mal » chère à Anna Arendt dont Cabré fait sienne tout en la transcendant par la poésie de sa langue acérée, jusqu’au final laissant le lecteur se demander « pourquoi les histoires de la vie finissent toujours par la mort, comme s’il n’y avait pas, pour toutes les choses, une autre fin possible. » Le poète catalan nous prouve admirablement une nouvelle fois que la Littérature en est une autre possible..

Un silence brutal
19,00
par (Libraire)
3 juin 2019

En Caroline du Nord, en plein coeur des Appalaches, la rivière qui attire tant de citadins pour la pêche est empoisonnée. La drogue a envahit la ville qui tente par tous les moyens d’endiguer le fléau, où Les le shérif sur le départ, Becky la poétesse garde-faune et Gérald le vieillard amoureux des truites et des rivières se meuvent dans une intrigue admirablement menée par Ron Rash. On retrouve avec joie la pudeur de l’auteur de Par le vent pleuré vis à vis d’un monde en pleine mutation, mais aussi vis à vis des failles de ses personnages. La simplicité de l’intrigue n’en fait que renforcer le message : La cupidité est un des dangers qui menacent la biodiversité. Il nous invite également à « envisager » le monde, à s’émerveiller face au spectacle de la nature à contrario de ceux qui « ne sauront même pas qu’ils vivent dans ce monde ». Poétique tout autant qu’oxymorique, le dernier roman de Ron Rash évoque avec un rare intensité toute la beauté d’une région où les communautés, en proie au délire du profit d’une nation qui les laisse en marge de la société, tentent de subsister.