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La philosophie de Courteline
EAN13
9782755501087
ISBN
978-2-7555-0108-7
Éditeur
Mille et une nuits
Date de publication
Collection
La petite collection (550)
Nombre de pages
112
Dimensions
15 x 10 x 0 cm
Poids
78 g
Langue
français
Code dewey
848.802
Fiches UNIMARC
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GEORGES COURTELINELa Philosophie
de Georges Courteline À Maître José Théry.
En témoignage de considération,
de reconnaissance et d'amitié.Georges COURTELINE IDe la Vérité et de la difficulté
qu'il y a à la faire sortir de son puitsSi le propre de la raison est de se méfier d'elle-même, combien est persuasive l'éloquence des déments à prêcher qu'ils sont la sagesse, et qu'il est malaisé de démontrer leur erreur !*Il faut éviter le paradoxe comme une fille publique qu'il est, avec laquelle on couche à l'occasion, pour rire, mais qu'un fou, seul, épouserait.La difficulté est de savoir à quel point exact il commence. J'en ai entendu soutenir qui rapprochaient si étrangement des vérités dites « premières » !...* Il n'est tel axiome, même inepte, qui ne trouve son admirateur. En revanche, il n'est telle vérité dont le moraliste qui l'émet ne suspecte l'exactitude, de l'instant où il l'a émise.*La vie donne rarement ce qu'on attendait d'elle.La raison se prononce dans un sens, l'événement solutionne dans l'autre, et l'homme continue gravement à tirer des conclusions et àémettre des pronostics. *La Vérité est faite d'une accumulation de légendes que les pères repassent aux fils comme des souvenirs de famille et qui, à son insu, lentement, sont devenues son armature.*La Vérité philosophique, variable, d'ailleurs, avec les milieux et les civilisations, est une convention comme une autre.*Sortie des commandements de Dieu : « Tu ne tueras pas ; tu ne prendras pas le bien du prochain ; tu ne feras pas de faux témoignages1 »,la Vérité est si relative, si exposée à se modifier au contact de l'individu, que des axiomes philosophiques peuvent parfaitement être contradictoires sans que chacun d'eux cesse, pour cela, d'être probant.En fait, les moralistes se placent devant la vie comme des peintres devant un motif ; d'où, du motif et de la vie, des études qui n'ont aucun rapport entre elles, et qui, prises isolément, sont cependant d'une ressemblance à crier.*Il est indispensable, dans toute discussion, de se placer au point de vue où se place l'adversaire ; il faut le battre avec ses propres armes, sur son propre terrain, chez lui !Ainsi seulement (et encore !...) on approchera (et pas beaucoup !...) de ce qu'on est convenu d'appeler un petit rien du tout de tantinet de vague commencement de vérité.*Je ne crois vraiment pas qu'il existe une vérité philosophique à laquelle on ne puisse victorieusement répondre, avec Montaigne : « Que sais-je2 » ; avec Rabelais : « Peut-être » ; avec le docteur Marphurius : « C'est incertain. Il se peut faire. Il n'y a pas impossibilité3 ».IIOù des vérités qui, sans doute,
ne sont guère que des paradoxes,
alternent avec des paradoxes
qui sont peut-être des véritésSganarelle et La Palisse sont peut-être de tous les hommes (moi compris) les seuls qui ne me paraissent pas ridicules.*Les cœurs bien nés dont parle le poète ressentent cruellement une mesure vexatoire, pour l'injustice qu'elle porte en soi et qui meurtrit, choque, brise en eux des tas de petites choses fragiles.Les âmes vulgaires en prennent volontiers leur parti, mais à la condition qu'elle soit générale et que tout le monde en pâtisse.L'idée que le feu a pris partout leur est une consolation de ce que l'incendie est chez eux.*Je ne sais pas de spectacle plus sain, d'un comique plus réconfortant, que celui d'un monsieur recevant de main de maître une beigne qu'il avait cherchée.*Les hommes ne sont pas très rares qui aiment à faire payer les services qu'on leur rend.*L'homme est un être délicieux ; c'est le roi des animaux. On le dit bouché et féroce, c'est de l'exagération. Il ne montre de férocité qu'aux gens hors d'état de se défendre, et il n'est point de question si obscure qu'elle lui demeure impénétrable : la simple menace d'un coup de pied au derrière ou d'un coup de poing en pleine figure, et il comprend à l'instant même.*Il est certain que, quoi qu'on fasse, on est toujours le fantoche de quelqu'un. C'est un malheur dont on ne meurt pas. Il faut s'en consoler, en rire, songer que la vie est un prétexte à nous blaguer les uns les autres, et penser du prochain et de sa malignité :– Il ne se moquera jamais de moi autant que je me ficherai de lui.*La tendance qu'éprouve l'homme à trouver spirituel un propos bêtement méchant, pour peu, seulement, qu'il mette en cause une personne de connaissance, n'est pas un des moindres indices de son excellent naturel.*L'avantage qu'il y a àêtre dans le vrai, c'est que toujours, forcément, on finit par avoir raison. En théorie, du moins.Quelqu'un (Gambetta, je crois) a dit : « La Justice immanente4 », et vraisemblablement elle l'est. Par malheur, boiteuse, elle se traîne, et la vie marche plus vite qu'elle. Toujours le crime serait puni et la vertu récompensée – aux plus compliqués des drames le plus simple des dénouements ! – si à chaque instant la Mort n'intervenait, mettant les adversaires d'accord et classant le dossier de l'affaire. C'est dommage.*La fierté, qui est le propre de l'homme à l'égal du rire, si ce n'est plus, a ses petites exigences ; d'autant plus impérieuses qu'elles sont moins justifiées.
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