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LA FILLE D'AVRIL

Heurtier Annelise

Casterman

13,90
16 octobre 2018

Le schéma narratif est assez classique : Izia, la petite-fille de Catherine, lui demande de lui raconter son histoire en lien avec des objets du passé qu’elle découvre. Mais il faut bien reconnaître qu’il fonctionne très bien et qu’il a quelque chose de douillet, de rassurant. Je me revois presque petite devant des films d’enfance, avec les grands-parents qui racontent des histoires, immortalisés sur des images qui vieilliront mal mais qui feront toujours leur petit quelque chose.

Bref, je reviens dans le sujet. Catherine avait 16 à la fin des années 1960 et elle se découvre l’envie puis le besoin de courir pour se sentir exister, pour faire exploser les murs des convenances qui l’étouffent. Le monde que l’on impose aux femmes lui est trop étroit et elle découvre peu à peu que les règles imposées ne le sont pas pour la protéger ou en la considérant mais pour conserver un ordre établi. Le monde des hommes sur les femmes et les enfants. Car si le propos défend le droit des femmes de choisir la vie qu’elles souhaitent mener, il évoque aussi la place des enfants dans les familles et dans le société. Une place réduite à se taire et à écouter.

Annelise Heurtier, dans cette image romancée mais documentée des années précédant mai 1968, permet également d’aborder la question des classes sociales et de son déterminisme. Pour avoir de l’argent il faut faire des études, pour faire des études il faut de l’argent. Alors quand Catherine obtient une bourse pour étudier et peut-être aller jusqu’à obtenir son baccalauréat, quand elle sent qu’elle peut courir comme le font les hommes, quand elle sait qu’elle vaut d’être elle-même, la bête qui sommeille peut sortir ses griffes et secouer le monde.

Les personnages sont touchants, parfois irritants, mais font le décor d’un passé qui a évolué jusqu’à aujourd’hui. Il rappelle que s’il faut parfois du temps pour faire évoluer les mentalités, il ne faut pas se décourager et avancer pour les causes qui nous semblent justes.

Dans la gueule du loup

Gallimard Jeunesse

14,50
16 octobre 2018

Une fois la première page commencée, impossible de refermer ce livre ! Michael Morpurgo nous parle de son oncle, Francis, et de son engagement dans la Seconde Guerre mondiale, lui qui fut un grand pacifiste.

Francis fête ses quatre-vingt-dix ans et, de retour chez lui, au moment de se coucher, il veut repousser le sommeil pour se rappeler toutes ces personnes qui lui manquent et qu’il aurait voulu avoir à ses côtés lors de son anniversaire. Car ces personnes ont pour la plupart disparu bien trop tôt.

Un très beau portrait d’homme, accompagné par les dessins de Barroux qui apportent un charme supplémentaire à la plume déjà si belle. Une magnifique découverte qui en invite d’autres de cet auteur.

Celui-là est mon frère
14 octobre 2018

Une forte découverte.

Nous découvrons l’enfance du protagoniste principal, devenu chef d’État, dont le frère aimé est parti sans jamais redonner de nouvelles. Ce frère revient un jour, annonçant clairement son positionnement de défiance vis-à-vis du pouvoir en place.

Pourquoi cette défiance ? Car depuis des générations une partie de la population est discriminée. Alors que le chef d’État perpétue cette discrimination, le frère, adopté petit mais appartenant à cette communauté, vient demander l’égalité des droits.

Nous entrons alors dans l’esprit du chef qui est bouleversé par le retour de ce frère qu’il a tant aimé, qu’il aime toujours autant qu’il le déteste de revenir en ennemi. Des deux, c’est le frère qui était le mieux placé pour gouverner, mais cette place lui était interdite. Il est aujourd’hui meneur de la communauté opprimée. Cette oppression vient d’une trahison passée et de l’assassinat d’une partie de la famille à la tête de l’État plusieurs générations auparavant. Depuis, toute cette population paie.

La situation finale, absolument dramatique, invite à se questionner sur le goût du pouvoir et le goût de la vengeance, sur la stigmatisation et le sens réel de la fraternité qui ne doit pas être une exception. Une forte découverte.