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Alex-Mot-à-Mots

http://alexmotamots.fr/

Alex L., lectrice compulsive, presque anonyme.
Ayant une préférence pour les bons polars, mais aimant aussi les autres genres (sauf la SF, pitié....)

Vie de Gérard Fulmard
11 juin 2020

vie moderne

Quelle vie rocambolesque que celle de ce personnage qui la raconte. Ancien steward, il tente de devenir détective puis se fait enrôler comme homme de main par un obscur parti politique. Dans ce dernier s’aiguisent, comme partout, les complots et les passions. Autant dire qu’il a mis les pieds dans un drame.

Pourtant, les situations rocambolesques s’enchaînent, parfois drôles ou prêtant à sourire.

Mais l’auteur se regarde écrire, aussi, qui insert dans son récit tout ce qui peut faire un succès : grandes maisons bourgeoises avec piscine, voyage à l’autre bout du monde. Et comme il le dit lui-même, ne manque plus que la scène de sexe.

Une lecture divertissante qui montre que rien n’est jamais le fruit du hasard et qu’il faut se méfier de son psy.

L’image que je retiendrai :

Celles des habitants célèbres de la rue où habite Gérard Fulmard mais qui ont tous mal terminé (Mike Brant et Issei Sagawa, étudiant japonais ayant mangé sa compagne néerlandaise).

https://alexmotamots.fr/vie-de-gerard-fulmard-jean-echenoz/

Une deux trois
19,00
4 juin 2020

Israël, policier

Je n’apprécie pas particulièrement la littérature générale israélienne. Mais quand ma libraire m’a proposé un polar hébreux maintes fois primé, je n’ai pas pu refuser.

J’ai été agréablement surprise par ce roman plutôt lent, nous donnant le temps de faire connaissance avec Orna, puis avec Emilia, et enfin avec Ella. De s’attacher à elles, leur histoire, leur personnalité.

Des femmes en plein questionnement sur leur vie : l’une attaché à son enfant, trop sans doute, que son ex-mari vient chercher ; l’autre travailleuse immigrée ayant eu une fausse couche dans son pays natal ; et enfin la dernière, mère de trois filles ne rêvant que de partir.

J’ai aimé les suivre, lentement : leurs doutes, leurs atermoiements quand on leur propose une escapade à deux, et leur dernier souffle, tragique.

Un roman lent et moderne sur le destin de trois femmes qui ont rencontré le mauvais homme au mauvais moment.

L’image que je retiendrai :

Guil, le mauvais homme, est avocat chargé de faire obtenir aux israéliens en faisant la demande une double nationalité de différents pays d’Europe.

https://alexmotamots.fr/une-deux-trois-dror-mishani/

La fabrique de la terreur
25 mai 2020

terrorisme, policier

J’avais hâte de retrouver ce dernier volet de la Trilogie Benlazar, même si je me doutais que cela allait être macabre. Je n’ai pas été déçue.

Le récit s’ouvre pourtant pendant la révolution de jasmin de 2011, en Tunisie. Quelle belle fleur, le jasmin, quelle bonne odeur…. Mais le déclencheur de cette révolution a été l’auto-immolation d’un jeune homme. Nous sommes tout de suite dans le ton.

L’auteur nous promène de la Tunisie en 2011 à Paris en 2015, au mois de novembre, en passant par Lunel, Molenbeek, Raqqa et Kobané (j’en oublie certainement).

L’auteur zoom parfois sur un fait précis, approchant sa lorgnette sur un événement, puis dézoom pour revenir aux déroulements plus général. J’ai eu un peu de mal, en début de lecture avec les ellipses, mais cela permet de donner du rythme.

J’ai aimé que les acteurs du drame viennent expliquer pourquoi La guerre est une ruse, titre du premier volet (p.166)

J’ai aimé retrouver Benlazar, dans sa retraite en Haute-Loire qui s’inquiète pour sa fille, rêvant sans cesse d’un loup, et croyant deviner sa présence dans les bois autour de sa maison.

L’auteur explique que la fusion entre les RG et la DGSE a fait perdre 10 ans au Renseignement français. Certaines personnes « fichées S » à l’époque ont été rayé des listes lors de la fusion, et ont pu en toute sérénité continuer de préparer des attentats ou de recruter de la chair à canons pour Daesh.

J’ai été déçue du parcours de Simon, jeune homme en étude d’informatique et qui se radicalise, part en Syrie, se tait comme tout le monde devant les exactions commises, puis tente de revenir en France. Combien comme lui n’ont pas pris la mesure du Califat ?

J’ai été en colère avec Benlazar, qui avait compris avant tout le monde, mais qui n’a rien pu faire. impossible de faire bouger le mammouth des services français.

Une trilogie qui se clôt malheureusement en apothéose tragique.

Quelques citations :

C’est tout le paradoxe avec Daech, c’est de nous faire tuer quelqu’un qu’on ne déteste pas. (p.291)

Qui disait vrai (l’imam ou Daech) ? C’est plus simple de regarder une vidéo en mangeant des chips plutôt que de se déplacer à la mosquée qui était loin de chez moi. (p.292)

A propos de l’occident : Ils auraient pu nous aider quand il y a avait Saddam ou que Bachar était seul. Mais c’était il y a bien longtemps. Ils ont préféré la propriété privée. Maintenant, c’est fichu. (p.344)

L’image que je retiendrai :

Celle de la ville de Raqqa dont pas une pierre ne reste debout. Le jasmin va mettre du temps à repousser…

https://alexmotamots.fr/la-fabrique-de-la-terreur-frederic-paulin/

Les voies majeures
13,90
25 mai 2020

histoire, policier

Second roman de l’auteur qui nous emmène une nouvelle fois dans la Loire et la Haute-Loire ainsi qu’en Russie.

Le récit commence toutefois en région parisienne où un restaurateur a été assassiné, même si la mise en scène laisse présager un cambriolage qui a mal tourné. Serait-ce à cause des tracts d’extrême-droite découverts chez lui ? Ou de l’amant de sa femme ? Ou encore sa sœur qui voulait vendre la bâtisse ?

L’enquête part d’abord sur la mauvaise piste, même si l’équipe d’enquêteurs découvre qui se cache derrière le groupe MAPA qui déverse de nuit du lisier de porc dans des lieux de culte et de culture arabe.

Puis intervient une spécialiste des textes anciens qui oriente l’équipe dans la bonne direction.

J’ai découvert les régiments russes sur le front français de la première guerre mondiale.

J’ai découvert Marcion et les écrits qu’il aurait laissé, retrouvé par un mystérieux homme.

Un excellent moment de lecture plein de mystères et de rebondissements, malgré les coquilles.

Une enquête sur fond de secret templier marcionnien.

L’image que je retiendrai :

Celle du mot Sérendipité qui caractérise la première enquête : la découverte totalement fortuite d’une chose que l’on ne cherchait pas.

https://alexmotamots.fr/les-voies-majeures-christian-ego/

L'archipel des Lärmes
25 mai 2020

féminisme, polcier

Premier roman de cette auteure que je lis, je dois dire que je n’ai pas été convaincue par le style. Au bout d’une bonne centaines de pages, le récit était tellement prenant que le style est passé en arrière-plan.

J’ai aimé que l’histoire s’étale sur plusieurs générations de femmes, même si leur mort est plutôt violente.

Je n’ai pas deviné le coupable, introuvable et pourtant cela ne peut être que lui.

J’ai aimé suivre l’évolution du monde professionnel policier uniquement masculin en début du livre dans les années 40 jusqu’à nos jours. Nos aînées ont dû faire preuve de tellement de persévérances.

Un polar dont la fibre féministe m’a plu.

Quelques citations :

Nolite te salopardes exterminorum – Ne laissez pas les salauds vous tyranniser. Margaret ATWOOD in La Servante écarlate

Ce récit allait traiter de ceux qui ont essayé d’arrêter le tueur en série ; des femmes devenues ombres qui n’ont jamais pu vivre leur vie. (p.450)

Tout tourne en rond, l’histoire se répète. C’est simplement que nous ne le voyons pas. Mais les années savent ce qu’ignorent les jours. Je peux mettre fin à cette spirale de violence et de haine. J epeux choisir de ne pas propager les ténèbres. A cet instant précis, j’en ai le pouvoir. (p.455)

L’image que je retiendrai :

L’histoire se déroule dans les immeubles autour du parc Berlin de Stockholm, nommé ainsi en hommage au sculpteur.

https://alexmotamots.fr/larchipel-des-larmes-camilla-grebe/